L'auxiliation de temporalité avec « être »

Avec les verbes de mouvement

Emile Benveniste rappelle que l'auxiliation de temporalité se réalise au moyen de deux auxiliants, avoir et être, qui sont en distribution complémentaire.

« Avoir » sert dans la grande majorité, en fait dans la généralité des cas ; « être » dans un nombre restreint de verbes, une vingtaine au total.

Il y a intérêt, à cause même de leur caractère d’exceptions, à définir ce qui semble particulier à ces verbes pour qu’ils demandent l’auxiliant « être ». On a tôt fait de les énumérer : aller, venir, devenir, intervenir, survenir, retourner, accourir, partir, arriver, rester, entrer, sortir, naître, éclore, mourir, décéder, tomber, échoir, monter, descendre.

Ces verbes sont intransitifs et de la sphère personnelle. Ils dénotent des mouvements instantanés et tout d’effectuation qui n’ont ni durée ni avenir, dont la réalité coïncide avec leur réalisation, et qui ne peuvent se poursuivre sans se nier : naître et mourir, entrer et sortir, autant de seuils franchis, après lesquels l’acte disparaît pour laisser place à l’état, qu’énonce le parfait. Aussitôt le « naître » accompli, on « est né » et rien n'y changera plus rien.

On forme le parfait de ces verbes avec l'auxiliant « être » :

aller

Avec les verbes réfléchis

Benveniste rappelle que sont en outre munis de « être » au parfait les verbes exclusivement réflexifs se souvenir, s’élancer, s’éprendre : « il s’est souvenu, il s’est élancé, il s’est épris », et par extension ceux des verbes transitifs qui admettent pour objet le pronom réflexif : « il l’a blessé : il s’est blessé » ; « je l’ai jeté : je me suis jeté », et avec valeur réciproque au pluriel : « ils les ont battus : ils se sont battus ».

On forme le parfait de ces verbes avec l'auxiliant « être » augmenté des pronoms personnels réflexifs : me, te, se, nous, vous, se :

se voir